Identité
Que signifie LGBTQIA+ et comment employer ces mots avec respect ?
Un guide pratique du sigle LGBTQIA+, des identités qui se croisent, des termes queer et en questionnement, et du choix des mots selon le contexte.

LGBTQIA+ est un terme qui rassemble des personnes aux orientations sexuelles, identités de genre et caractéristiques sexuelles différentes. Dans un développement courant, les lettres signifient lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, queer ou en questionnement, intersexe et asexuel. Le signe plus laisse une place à d’autres identités et descriptions. Les lettres ne racontent pas une seule expérience et ne constituent pas des cases incompatibles entre elles.
Une femme trans peut aussi être lesbienne. Une personne bisexuelle peut être non binaire. Une personne intersexe peut être hétérosexuelle, gay ou employer une autre description. Comprendre le sigle, c’est apprendre ce que désignent ses différentes parties, mais aussi pourquoi connaître une partie de l’identité d’une personne ne permet pas de déduire le reste de sa vie.
Commencer par ce que les lettres cherchent à décrire
Certaines lettres concernent l’attirance, d’autres le genre, et une autre les variations des caractéristiques sexuelles. Ce mélange reflète une alliance de personnes et de communautés plutôt qu’une classification biologique unique. Si le sigle vous semble confus, séparez ces idées avant d’essayer de mémoriser tous les termes.
Lesbienne désigne couramment une femme attirée par les femmes. Gay désigne souvent un homme attiré par les hommes, mais certaines personnes l’utilisent plus largement. Bisexuel décrit une attirance pour des personnes de plusieurs genres. Ces mots nomment des formes d’attirance : ils ne précisent ni le nombre de relations passées ni l’apparence d’un partenaire actuel.
Transgenre, souvent abrégé en trans, concerne l’identité de genre et non le genre du partenaire. Intersexe concerne des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions habituelles des corps masculins ou féminins. Aucun de ces deux mots ne donne l’orientation sexuelle d’une personne. Asexuel, ou ace, concerne le fait de ressentir peu ou pas d’attirance sexuelle, avec des expériences variées au sein du spectre asexuel.
Il s’agit de définitions de départ. Elles servent à comprendre une conversation, pas à vous donner le pouvoir de corriger la façon dont quelqu’un se décrit. Quand une personne vous dit quel mot elle utilise, cette information compte davantage que la catégorie que son apparence vous semble suggérer.
Pourquoi le Q peut avoir plusieurs significations
De nombreuses personnes emploient « queer » pour décrire largement des identités ou des expériences qui sortent des attentes hétérosexuelles et cisgenres. Certaines apprécient son ouverture parce qu’elles ne souhaitent pas une étiquette plus précise. D’autres l’utilisent dans des contextes culturels, politiques ou universitaires. Ce mot a aussi été une insulte, ce qui explique que tout le monde ne soit pas à l’aise avec lui.
La conséquence pratique est simple : employez queer pour quelqu’un qui utilise ce mot pour parler de soi et faites attention au contexte. On peut parler de littérature queer ou d’une organisation queer sans décider que chaque personne qui y participe souhaite cette étiquette personnelle. Lors d’une présentation, reprendre le mot choisi par la personne est généralement plus utile que montrer combien de termes vous connaissez.
Le Q peut aussi correspondre à l’anglais « questioning », c’est-à-dire être en questionnement. Une personne en questionnement peut explorer son attirance, son genre ou les deux. Elle n’a pas besoin d’arriver à un résultat précis pour mériter du respect. Traiter cette période comme un compte à rebours avant une annonce ajoute de la pression là où la curiosité et l’intimité seraient plus utiles.
Par exemple, un personnage fictif étudiant pourrait dire : « Je me questionne et je ne veux pas que tout le monde le sache. » La réponse utile consiste à demander quel soutien cette personne souhaite et à garder sa confidence. Annoncer à ses amis qu’elle est « probablement gay » remplace son incertitude par votre supposition et lui retire le choix de ce qu’elle révèle.
À quoi sert le signe plus ?
Le signe plus reconnaît que le sigle ne constitue pas une liste complète de toutes les personnes qu’il inclut. Pansexuel, aromantique, agenre et non binaire sont des exemples de descriptions que vous pouvez rencontrer dans la communauté au sens large. Certaines entrent sous un terme plus général déjà représenté par une lettre. D’autres personnes préfèrent une description plus précise parce qu’elle exprime quelque chose d’important pour elles.
Le signe plus ne signifie pas que toutes les étiquettes sont interchangeables. Pansexuel et bisexuel peuvent se recouper, mais les personnes peuvent choisir l’un ou l’autre pour des raisons différentes. Asexuel et aromantique renvoient à des formes d’attirance différentes. Non binaire n’est pas un synonyme de vêtements androgynes. Notre guide sur l’orientation, l’identité et l’expression explique ces distinctions à travers des exemples du quotidien.
Vous n’avez pas non plus besoin de demander à quelqu’un sa place exacte dans le sigle. Une personne peut utiliser un terme général dans un cadre et un mot précis dans un autre. C’est une façon ordinaire de communiquer : nous choisissons des niveaux de détail différents selon la personne à qui nous parlons et ce que demande la situation.
LGBT, LGBTQ+, LGBTQIA+ ou une autre forme ?
Les organisations, les pays et les générations utilisent des formes différentes. LGBT et LGBTQ+ restent courants ; LGBTQIA+ rend plusieurs expériences plus visibles dans le nom lui-même. Des versions plus longues peuvent comprendre d’autres lettres, et certains termes locaux ont une histoire qui se traduit difficilement dans d’autres langues.
Choisissez une forme adaptée à votre objectif. Si vous nommez une organisation, utilisez son véritable nom. Si vous décrivez les personnes ayant participé à un événement historique, utilisez un langage fidèle à cet événement et expliquez les termes inhabituels si nécessaire. Si vous écrivez largement pour le lectorat d’aujourd’hui, un terme inclusif peut être utile, suivi de mots précis lorsque la distinction compte.
Ajouter des lettres ne rend pas à lui seul un service inclusif. Une rencontre appelée LGBTQIA+ peut tout de même négliger l’accès en fauteuil roulant, publier des photos sans autorisation ou ignorer les personnes bisexuelles présentes. Le langage aide à trouver la porte. Ce qui se passe après l’entrée compte tout autant.
Une personne peut appartenir à plusieurs parties du sigle
Imaginons une personne fictive appelée Sam, non binaire et bisexuelle. Non binaire décrit son genre. Bisexuelle décrit son attirance. Si Sam utilise les pronoms anglais they/them, ces pronoms vous disent comment parler de Sam en anglais. Aucun de ces faits n’indique les accords de sa relation, son parcours médical ou son envie de parler de son identité au travail.
Cela compte lorsqu’on recueille des informations. Un formulaire qui oblige à choisir entre « gay », « trans » et « bisexuel » mélange plusieurs questions et peut empêcher une réponse exacte. Avant de demander des informations sur l’identité, réfléchissez à leur utilité. Une invitation à un club de lecture peut ne demander qu’un prénom d’usage et un moyen de recevoir les nouvelles.
Cela compte aussi dans les échanges ordinaires. Appeler systématiquement « couple hétéro » deux personnes qui semblent être un homme et une femme peut effacer la manière dont elles se décrivent individuellement. Vous pouvez souvent dire « le couple » ou utiliser leurs prénoms sans leur attribuer d’orientation. Quand l’identité est pertinente, demandez plutôt que déduire.
Ce que signifie le A et la place des personnes alliées
Dans LGBTQIA+, le A rend couramment visibles les expériences asexuelles ; certains développements incluent aussi explicitement les personnes aromantiques et agenres. Il s’agit de notions différentes. Aromantique concerne l’attirance romantique et agenre concerne le genre. Ce ne sont pas trois façons d’écrire la même identité.
Les personnes alliées peuvent contribuer à la communauté sans prendre la place de ces identités. Une personne hétérosexuelle et cisgenre peut soutenir les personnes LGBTQIA+ par des gestes ordinaires : respecter leur intimité, réagir à une remarque dégradante ou rendre un événement accueillant. Elle n’a pas besoin de réinterpréter le A comme « allié » pour jouer un rôle utile.
Les personnes représentées dans le sigle peuvent aussi être alliées les unes des autres. Être gay ne donne pas automatiquement une compréhension des expériences trans. Être trans ne fait pas disparaître automatiquement les suppositions sur la bisexualité. Écouter au-delà des différences est une pratique, pas un statut accordé par une étiquette.
Employer les mots sans transformer chaque conversation en cours
Si quelqu’un vous fait son coming out, commencez par la personne. « Merci de me faire confiance » constitue souvent une meilleure première réponse qu’une suite de définitions. Si un mot vous est inconnu, vous pouvez apprendre son sens général séparément et ne poser que les questions personnelles qui comptent pour votre relation.
Supposons qu’une personne avec qui vous travaillez vous dise être asexuelle. Vous n’avez pas besoin de demander si elle a des rapports sexuels ou souhaite se marier. Vous pouvez simplement accueillir ce qu’elle a partagé. Si vous organisez une sortie, demandez ses préférences pour cette sortie comme vous le feriez avec n’importe qui.
Quand vous faites une erreur, corrigez-la sans transformer la correction en spectacle. « J’ai utilisé le mauvais mot. Merci de me l’avoir dit » laisse la place à la suite. Insister sur le fait que votre intention était bonne peut revenir à demander à l’autre d’ignorer les effets de vos paroles.
La connaissance la plus utile de LGBTQIA+ n’est pas la mémorisation parfaite d’une liste qui s’allonge. C’est comprendre à quelle question répond un mot, laisser les personnes nommer leur propre expérience et remarquer quand une conversation demande de l’attention plutôt qu’un classement. Ces habitudes restent utiles même lorsqu’on découvre un terme pour la première fois.


