Identité
Ce que veut dire être transgenre : identité, transition et soutien respectueux
Une explication claire de ce que signifie être une personne trans, des différences entre transition sociale, administrative et médicale, des idées reçues et des façons simples d’être respectueux.

Une personne transgenre, ou personne trans, est une personne dont l’identité de genre est différente du sexe qui lui a été assigné à la naissance. À la naissance d’un bébé, un médecin ou un proche l’enregistre généralement comme garçon ou fille selon son corps. Pour la plupart des gens, cette mention correspond au genre qu’ils savent être le leur. Pour les personnes trans, ce n’est pas le cas.
Le mot qui désigne les personnes dont l’identité de genre correspond à ce qui a été enregistré à la naissance est cisgenre, ou cis. Aucun de ces deux mots ne décrit l’apparence de quelqu’un, les personnes qu’il aime ou les traitements médicaux qu’il a suivis. Ils décrivent le rapport entre le sentiment intime qu’une personne a de son genre et l’étiquette qu’on lui a donnée bébé.
Ce guide explique les mots principaux, ce que peut comprendre une transition, quelles questions aident et lesquelles sont intrusives, et comment soutenir les personnes trans au quotidien sans avoir besoin d’être expert.
Le vocabulaire de base
| Mot | Ce qu’il veut dire |
|---|---|
| Identité de genre | Le sentiment profond d’une personne d’être un homme, une femme, les deux, aucun des deux ou autre chose |
| Sexe assigné à la naissance | La catégorie (généralement masculin ou féminin) inscrite à la naissance d’après des caractéristiques visibles du corps |
| Transgenre / trans | L’identité de genre est différente du sexe assigné à la naissance |
| Cisgenre / cis | L’identité de genre correspond au sexe assigné à la naissance |
| Femme trans | Une femme à qui l’on a assigné le sexe masculin à la naissance |
| Homme trans | Un homme à qui l’on a assigné le sexe féminin à la naissance |
| Non binaire | Une identité de genre qui n’est pas seulement homme ni seulement femme ; certaines personnes non binaires se disent aussi trans, d’autres non |
| Transition | Les étapes qu’une personne peut entreprendre pour vivre selon son genre |
Trans s’emploie comme un adjectif, comme grand ou belge. On dit « une femme trans » ou « un homme transgenre », pas « un transgenre » comme s’il s’agissait d’une catégorie à part. Une femme trans est une femme ; le mot trans ajoute une information, il ne crée pas une catégorie distincte de personnes.
Trans fonctionne aussi comme un parapluie. Certaines personnes qu’il recouvre utilisent des mots plus précis issus de leur langue ou de leur culture. Notre guide sur ce que veut dire non binaire présente un groupe important sous ce parapluie.
L’identité de genre n’est pas l’orientation sexuelle
L’identité de genre répond à la question « qui suis-je ? ». L’orientation sexuelle répond à « qui m’attire ? ». Ce sont deux choses distinctes. Un homme trans peut être gay, hétéro, bisexuel, asexuel ou autre chose, exactement comme un homme cis. La transition ne dit rien de l’attirance d’une personne.
On confond souvent les deux parce que les personnes trans font partie de la communauté LGBTQIA+ avec les lesbiennes, les gays et les bisexuels. Elles partagent une histoire de discriminations pour ne pas avoir suivi les règles attendues sur le genre et l’amour, mais les questions sont différentes. Notre guide sur l’orientation sexuelle, l’identité et l’expression de genre explique ces trois notions côte à côte.
Ce que peut comprendre une transition
La transition n’est ni un événement unique ni une opération unique. C’est un ensemble d’étapes possibles que chaque personne choisit selon ses besoins, sa sécurité, sa santé et sa situation. En gros, on distingue trois domaines.
La transition sociale concerne la vie quotidienne. Elle peut comprendre l’usage d’un nouveau prénom, la demande d’autres pronoms, un changement de vêtements ou de coiffure et le fait d’en parler à des amis, à la famille ou à des collègues. Pour beaucoup, c’est la partie la plus importante, et elle ne coûte rien d’autre que le respect des autres.
La transition administrative concerne les papiers officiels : changer le prénom et la mention du sexe sur la carte d’identité, le passeport, l’acte de naissance ou le compte bancaire. Les règles dépendent entièrement du pays. La loi argentine sur l’identité de genre de 2012 est devenue un exemple connu permettant aux adultes de modifier leur état civil sur simple déclaration. En France, depuis 2016, le changement de la mention du sexe ne peut plus être conditionné à des traitements médicaux ou à une opération, même s’il passe encore par une demande au tribunal. La Cour suprême fédérale du Brésil a décidé en 2018 que l’on peut changer de prénom et de genre directement à l’état civil, et la loi allemande d’autodétermination est entrée en vigueur en 2024. D’autres pays exigent encore des certificats médicaux, de longues attentes ou des décisions de justice, et certains n’offrent aucune voie. Toute personne qui envisage une démarche devrait vérifier les règles en vigueur là où elle vit, car elles évoluent.
La transition médicale peut comprendre un traitement hormonal, des chirurgies et d’autres soins comme l’épilation définitive ou la rééducation de la voix. Certaines personnes trans souhaitent beaucoup de ces étapes, d’autres quelques-unes, d’autres aucune. Vouloir ou non un traitement médical ne rend personne plus ou moins trans. L’accès dépend des systèmes de santé, des listes d’attente, du coût, des règles d’âge et de l’état de santé, et les décisions se prennent avec des professionnels qualifiés. Les recommandations cliniques internationales, comme les Standards de soins de l’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres (WPATH), s’adressent aux soignants ; ce n’est pas une liste que chaque personne trans devrait suivre.
Être trans n’est pas une maladie mentale
La classification actuelle des maladies de l’Organisation mondiale de la santé, la CIM-11, entrée en vigueur en 2022, ne classe plus les identités trans dans le chapitre des troubles mentaux. Elle emploie le terme d’incongruence de genre dans un chapitre consacré à la santé sexuelle, pour que les personnes qui ont besoin de soins liés au genre puissent continuer à y accéder.
Certaines personnes trans vivent une dysphorie de genre, c’est-à-dire une souffrance liée au décalage entre leur genre et leur corps ou la façon dont on les traite. Elle peut être intense, légère ou absente, et elle s’atténue souvent quand la personne peut vivre telle qu’elle est. C’est une expérience possible, pas un examen à réussir pour être « vraiment » trans.
Les personnes trans peuvent aussi subir un stress lié au rejet, au harcèlement et aux discriminations. Ce stress vient de la façon dont elles sont traitées, pas du fait d’être trans.
Idées reçues fréquentes
« C’est une mode récente. » On trouve des personnes ayant vécu en dehors du genre qui leur avait été assigné dans des archives et des traditions de nombreux siècles et de nombreuses cultures. Ce qui est nouveau, dans beaucoup d’endroits, c’est le vocabulaire, la visibilité et un meilleur accès à l’information.
« Les personnes trans sont perdues. » Beaucoup de personnes trans passent des années à se comprendre avant d’en parler. Être sûr de son genre n’oblige pas à être sûr de chaque étape suivante.
« On voit tout de suite qui est trans. » Non. Certaines personnes trans sont perçues selon leur genre partout où elles vont, d’autres non. L’apparence ne dit rien de fiable sur l’identité ou le parcours de quelqu’un.
« Tout le monde fait la même opération. » Il n’existe ni corps trans unique ni parcours médical unique. Faire de la chirurgie le moment où quelqu’un deviendrait « vrai » ignore la vie de la plupart des personnes trans.
Les questions qui aident et celles qui blessent
La curiosité est naturelle. La différence se fait entre les questions qui vous aident à bien traiter quelqu’un et celles qui le traitent comme un objet d’étude.
Questions utiles :
- « Quel prénom et quels pronoms dois-je utiliser ? »
- « Est-ce que je peux utiliser ton prénom devant d’autres personnes, ou seulement entre amis pour l’instant ? »
- « Est-ce que je peux t’aider pour quelque chose de concret ? »
Questions intrusives :
- « C’était quoi ton vrai prénom ? » Beaucoup de personnes trans ne veulent pas qu’on répète leur ancien prénom, parfois appelé morinom.
- « Tu t’es fait opérer ? » Vous ne poseriez pas cette question sur le corps d’une connaissance cis. La même règle s’applique.
- « Comment tu fais l’amour ? » C’est privé, sauf si la personne choisit d’en parler.
- « Tu es sûr ? » Cette question aide rarement et exprime souvent un doute.
Si vous voulez apprendre des généralités, lisez des guides fiables plutôt que de demander à une personne trans de vous former. Gardez les questions personnelles pour les relations proches où la personne vous y a invité.
Être respectueux au quotidien
Utilisez le prénom et les pronoms que la personne utilise aujourd’hui. Y compris pour parler du passé. « Quand elle était petite, elle adorait le foot » est respectueux, même si elle n’était pas perçue comme une fille à l’époque.
Corrigez-vous vite quand vous vous trompez. Un bref « pardon, elle » puis on continue vaut mieux qu’une longue excuse qui oblige la personne à vous rassurer. Notre guide sur les prénoms et les pronoms détaille ce point.
Protégez sa vie privée. Être trans est une information personnelle. Dire à d’autres qu’une personne est trans, montrer d’anciennes photos ou révéler un ancien prénom peut l’exposer à des discriminations ou à des violences. Laissez chacun décider qui est au courant.
Ne complimentez pas par comparaison. « On dirait une vraie femme » sonne comme un compliment, mais sous-entend que les femmes trans ne seraient pas de vraies femmes. « Tu es superbe » suffit.
Assouplissez les systèmes du quotidien. Des formulaires avec un champ libre pour le prénom et le genre, des toilettes accessibles sans être questionné et des codes vestimentaires qui ne dépendent pas du genre facilitent la vie de tout le monde, y compris des personnes trans.
Prenez la parole quand c’est sans danger. Si quelqu’un se moque d’une collègue trans ou répète une idée reçue, un simple « ce n’est pas correct » ou « ce n’est pas vrai » peut changer l’ambiance, surtout venant de quelqu’un qui n’est pas trans.
Si vous pensez être trans
Il n’y a ni examen à réussir ni date limite. Certaines personnes le savent depuis l’enfance. D’autres s’en rendent compte plus tard, parfois après des années à sentir que quelque chose clochait sans avoir de mots pour le dire. Les deux sont normaux.
Vous pouvez explorer de façon discrète et progressive : essayer un autre prénom avec un ami de confiance, observer ce que vous ressentez quand on utilise certains pronoms, lire des récits de personnes trans ou rejoindre un groupe de parole, en ligne ou en personne. Rien de ce que vous essayez ne vous engage définitivement. Si vous envisagez des étapes médicales, cherchez des professionnels formés aux soins d’affirmation de genre et renseignez-vous tôt sur les règles locales et les délais, qui peuvent être longs.
Être trans est une façon d’être humain parmi d’autres. Avec des informations exactes, quelques habitudes respectueuses et la liberté de faire leurs propres choix, les personnes trans peuvent vivre aussi pleinement que n’importe qui.
Sources et références
- Organisation mondiale de la santé : incongruence de genre et santé trans dans la CIM-11
- American Psychological Association : personnes transgenres, identité et expression de genre
- WPATH : Standards de soins pour la santé des personnes transgenres et de genre divers, version 8
- GLAAD : termes liés aux personnes trans
- Cour suprême fédérale du Brésil : ADI 4275 sur le changement de prénom et de genre


